Megaupload est tombé ! Le pouvoir américain se félicite de cette victoire et de l’arrestation de son créateur comme si l’oncle Sam avait vaincu le plus horrible des terroristes en vacance au Pakistan !
Dans notre pays, certains milieux culturels se réjouissent de la disparition de ce site qui proposait en téléchargement de nombreux films. Pourtant, pour le fan de fantastique et de films inclassables, cette année 2012 ressemble à ces petits matins où l’on regrette amèrement l’ensemble des substances que l’on a avalés la nuit dernière. Le fan de genre n’a plus qu’une seule envie : porter le masque de V du chef-d’œuvre d’Alan Moore.
Avec la chute de Megaupload, on nous parle de droit d’auteur, du retour à l’ordre naturel des choses. On voit nos chers artistes bobos, Camille ou Benjamin Biolay (respectivement la Bjork de Prisunic et le Gainsbourg des caniveaux) fêter cette chute. Ils se disent : enfin, nous allons revendre des disques ! Les pauvres. Ils se trompent ! Vos disques on les trouvera toujours au téléchargement, car vous êtes des artistes connus et populaires (Ruquier vous connaît, c’est dire !). Faire tomber Megaupload c’est juste contenter les artistes les plus vendeurs, leur faire une petite léchouille.
Faire tomber Megaupload, c’est un peu détruire la bibliothèque d’Alexandrie du cinéma de genre, une mémoire vivante qui s’était formée autour d’une certaine cinématographie construite en marge des éditeurs et de la télévision. Megaupload proposait des gros films récemment sortis comme un milliard d’autres réseaux, mais il permettait aussi de voir Howard le canard, Electric Dreams, les films de Hal Hartley ou un bon porno des années 70 garanti sans implants mammaires.
Avec la disparition de Megaupload et la politique Hadopi du gouvernement Sarkozy, on revient à des systèmes de téléchargement où l’on propose exactement les mêmes succès du moment pendant que disparaissent « La caverne des introuvables, Horror vhs collector… » , Il vrai qu’il plus facile de poursuivre un obèse comme Kim DotCom que de lutter contre des traders cocaïnés qui courent très vite surtout quand ils ont financé votre campagne.
Le téléchargement existe et le seul moyen d’intervenir est d’inventer un modèle qui le prenne en compte (licence globale ? La solution est compliquée) mais poursuivre les initiateurs comme des criminels de guerre me semble une réponse inappropriée. Surtout quand défendre le droit d’auteur c’est protéger les plus gros vendeurs pour gagner la prochaine élection. Avec la disparition de Megaupload et les difficultés rencontrées par Acromega et les autres sites spécialisés par rapport à Hadopi, c’est l’uniformisation du cinéma avec toujours les mêmes films disponibles en téléchargement illégal et légal. On peut continuer à télécharger illégalement sans Megaupload sauf qu’en terme de films, le choix s’est sensiblement réduit.
Désolé, je suis plutôt Incident de Parcours qu’Intouchable, Vampire vous avez dire vampire que Twilight, La galaxie de la terreur que Star Wars.
Avec la chute de Megaupload, je revis le remplacement de mon vidéo club par un gros Vidéo Futur avec toujours les mêmes nouveautés labélisées grand public. Les internautes ont fait leur boulot de cinéphiles, maintenant on est mort si on doit compter sur l’industrie du divertissement et ses commerciaux sans références qui vont nous laisser disparaître tout un pan de notre culture ! Je finirai donc par un merci à tous ces internautes pour tous ces merveilleux films que j’ai vu : Acromega et sa caverne, le Goon et ses inédits, le blog Film DVD Vhs, BB Jane et son Smorgasblog, l’équipe d’Horror Vhs Collector et tous les autres…











Complètement d’accord avec toi ; sauf pour le fait que Megaupload se sucrait aussi au passage… Car oui au téléchargement gratuit de films oubliés, non réédités, aux perles rares ; mais gratuit ! Personne ne devrait en profiter pour devenir riche… Sinon la balance est déséquilibrée.
Megaupload était loin d’être clair, mais l’arrêt de celui-ci ainsi qu’Adopi ne changeront rien. Il faut une licence globale qui correspond à la consommation via les nouveaux média informatique.